Enregistreur Vidéobeta

0:00
Téléprompteur
Vous souvenez-vous du poème de Verlaine que nous récitions à l'école ?
Il y avait ces vers : 'Les sanglots longs des violons de l'automne.' Tout à l'heure, en passant devant le lycée, j'ai croisé des étudiants.
Ils discutaient de leurs cours de demain. À cet instant, ces vers ont pris tout leur sens.

Je me souviens comment notre professeur expliquait ce passage : on ne comprend la valeur du présent que lorsqu'il devient passé.
Ces derniers temps, tout le monde partage du Rimbaud, et je ne sais comment décrire ce sentiment ressenti au carrefour.
Dans notre jeunesse, nous ne voyions dans 'Le Dormeur du Val' qu'un simple soldat endormi. Maintenant, je comprends la profondeur de sa tragédie.
Nous croyions alors que la jeunesse était éternelle. Aujourd'hui, je saisis la valeur de 'À vingt ans, quand on est vert.'
Comme l'écrivait Apollinaire : 'Le temps de la jeunesse s'en va mais ne revient pas.'

Baudelaire a écrit : 'Ô douleur ! ô douleur ! Le Temps mange la vie.'
La nuit, quand les souvenirs d'enfance surgissent soudain, comme les vagues du temps,
Je réalise que ces quarante-cinq minutes en classe étaient leur vie épique,
Leurs rêves inachevés, leurs regrets inavoués, leur destin inaccompli.

Ainsi, toutes ces vérités profondes,
Les chemins sinueux que nous devons parcourir,
Étaient déjà écrits dans leurs vers,
Et nous sommes devenus l'écho vivant de leurs mots,
Même si à l'époque, tout nous semblait ordinaire.
25%